L’amour est dans le pré


C’est au tour du dernier fils de la ferme de se marier. Il s’agit du Raymond, qui est un peu demeuré et sa mère lui fait les recommandations :
– Ecoute, mon fils, tu montes avec la Christiane, et si tu as des problèmes, tu m’appelles et je t’aiderai.
– Oui, m’man ! Et il monte. Dans la chambre, sa dulcinée roucoule, roule des yeux et défait ses bas avec des gestes à faire damner un moine octogénaire. Mais le Raymond, intimidé, tourne les talons et descend vers sa mère, affolé :
– M’man, m’man, la Christiane elle se met toute nue on dirait !
– Mais c’est normal, mon fils, on se déshabille toujours pour faire « la Chose ». Fais pareil !
Le Raymond remonte, et, un peu honteux, enlève ses frusques. Il se retrouve comme un benêt debout près du lit où la Christiane, dans le plus simple appareil, se tortille comme un ver en susurrant des cochonneries. Le Raymond redescend en courant, et complètement ahuri annonce à sa mère :
– M’man, ça y est, on est tout nus tous les deux, qu’est-ce que j’fais maint’nant ?
Sa mère, excédée, lui dit :
– Bon dieu de bois, t’es quand même pas futé ! Maint’nant, tu la montes comme font les bêtes !
Le regard illuminé par un éclair de compréhension, le Raymond, sabre au clair, remonte l’escalier en courant. Il glisse au premier tournant, manque une marche et se tape le crâne contre la dernière marche : BOUM !
Alors il crie à sa mère :
– M’man, m’man, ça saigne ! Ça saigne !
– C’est normal, lui crie sa mère, continue !
Alors, il se tape le front contre la marche : BOUM ! BOUM ! BOUM ! BOUM !

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