Mère indigne…

C’est une petite crevette qui est sur le bord de l’eau et qui pleure. Un escargot qui passe par là, lui demande :
– Pourquoi pleures-tu ?
– Ma mère est partie à un cocktail et n’est toujours pas revenue…

Les fêtes de février

En février, il y a deux fêtes : La Chandeleur, quand les crêpes se font sauter. Et la Saint Valentin, quand les filles… Enfin y’a deux fêtes quoi.

Le jour des trépassés

« La Toussaint : c’est la fête de tous les saints, et surtout de Saint Fleuriste. Le lendemain, le 2 novembre, jour des trépassés, les catholiques vénèrent leur belle-mère en allant chez leurs morts. »

Pierre Desproges

La pluie des réunions

À l’enterrement de madame Dubois, il pleut des cordes.
– Ah, mon pauvre Dubois ! lui fait un de ses amis. Vous avez un bien vilain temps pour enterrer votre femme !
– Ne m’en parlez pas ! soupire le veuf, je n’ai jamais eu de chance ! À chaque réunion de famille, c’est pareil, Ta pluie vient gâcher la fête !

La tringle de la vengeance

Le premier jour, elle a emballé ses effets personnels dans des boîtes, des malles et des valises. Le deuxième jour, les déménageurs sont venus pour les emporter. Le troisième jour, elle s’est assise pour la dernière fois dans leur salle à manger, à la lueur des chandeliers et bercée par une douce musique de fond, elle s’est fait un festin de crevettes, de caviar et de champagne.

Lorsqu’elle a terminé son repas, elle est allée dans chacune des pièces de la maison et a déposé, dans le creux des tringles à rideaux, quelques crevettes qu’elle n’avait pas mangées. Elle a ensuite bien nettoyé la cuisine et a quitté la maison.

Lorsque son mari et sa nouvelle amie de coeur sont revenus à la maison, ils ont filé le parfait amour durant les premiers jours. Puis, lentement, la maison s’est mise à sentir mauvais. Ils ont tout essayé : nettoyer, récurer, frotter, cirer, aérer. En vain. Les conduits d’aération ont ensuite été vérifiés afin de s assurer qu’il ne s’y trouvait pas de cadavres de rongeurs en putréfaction. Les tapis ont été nettoyés à la vapeur et des purificateurs d’air ont été installés dans tous les coins de la maison. Ils sont ensuite sortis de la maison quelques jours, le temps que des exterminateurs fumigent la maison. Ils ont même dû faire remplacer le tapis de laine pour une somme faramineuse. Rien n’a fonctionné. Leurs amis ont cessé de venir leur rendre visite, les réparateurs ont commencé à refuser de venir travailler dans leur maison, la femme de ménage a donné sa démission. Finalement incapables d’endurer la pestilence, ils ont décidé de déménager.

Un mois plus tard, bien qu’ils aient réduit leur prix de vente de moitié, ils ne trouvaient toujours pas d’acheteur pour leur maison puante. Le mot est passé et même les agents immobiliers ne répondaient plus à leurs appels. En dernier recours, ils ont emprunté une importante somme d’argent pour pouvoir s’acheter une autre maison.

L’ex-épouse de l’homme lui a téléphoné, histoire de prendre de ses nouvelles. Il lui a raconté la saga de la maison puante. Elle l’a écouté poliment, puis lui a dit qu’elle s’ennuyait terriblement de cette maison et qu’elle serait prête à accepter de réduire ses demandes dans leurs négociations de divorce si elle pouvait récupérer la maison. Sachant que son ex-épouse ne pouvait pas s’imaginer à quel point les odeurs dans la maison étaient pestilentielles et insupportables, il consentit à lui laisser la maison pour le dixième de sa valeur réelle, à la condition qu’elle signe les papiers le jour même. Elle accepta et, dans l’heure, les avocats de l’ex-mari lui envoyèrent les papiers.

Une semaine plus tard, l’homme et sa nouvelle amie affichaient un sourire narquois en regardant les déménageurs emballer toutes leurs choses et les déménager dans leur nouvelle maison… absolument tout, y compris les tringles à rideaux.