L’opéra muet

– Mon mari, explique une femme à un psychiatre, est persuadé d’être une idole du passé. Il m’abrutit littéralement en braillant, à longueur de journée, des airs d’opéra, sous prétexte qu’il est une réincarnation du ténor Enrico Caruso.
– Envoyez-le moi, que je voie comment je pourrais le traiter.

Le soi-disant Caruso se rend au cabinet du médecin et, une demi-heure durant, il le régale des plus grands airs : Rigoletto, La Traviata, Carmen… Le lendemain, sa femme appelle le psychiatre :
– Je ne sais pas comment vous vous y êtes pris mais le résultat dépasse toutes mes espérances. Depuis ce matin, il se contente d’ouvrir et de fermer la bouche sans qu’il en sorte le moindre son.
– Bien sûr ! J’ai réussi à le convaincre que Caruso n’était rien à côté de Rudolph Valentino, la plus grande vedette du cinéma muet.

Le jugement de Pavarotti

Les perles : la justice

Mécontente d’avoir été condamnée, une femme quitte le tribunal en grommelant. Avant de lancer, du fond de la salle au président, abondamment pourvu de barbe, d’embonpoint et de coffre : « Vous ressemblez à Pavarotti, mais vous n’en avez pas le talent ! » Le ténor judiciaire vexé la fera interpeller.

L’avocat millionnaire

Les perles : la justice

Un avocat de la défense prend la parole dans un dossier difficile. L’accusé risque la perpétuité. À la fin de la plaidoirie, le criminel est acquitté. Un spectateur s’approche du ténor et, fondant devant tant de talent, lui lance :
– Bravo, maître, vous savez, même pour un million, moi, je ne l’aurais pas fait !

Et l’avocat de répliquer aussitôt :
– Moi non plus !

L’avocat des saints

Les perles : la justice

Un avocat général reprochait à Me César Campinchi d’apporter son talent de plaideur à un criminel abominable. Alors, le ténor lui fit cette réponse désolée : « Je serais certes ravi de plaider uniquement pour des archevêques ou des enfants de Marie. Malheureusement, ces personnages sont rarement traduits en cour d’assises. »

Le ministère de la fille publique

Les perles : la justice

Me Campinchi traite une matrone de prostituée. Celle-ci s’en indigne publiquement. Alors, l’avocat, aux coups de griffe souvent rudes, lui lance : « Madame, quand on a été ministre ou fille publique, ne serait-ce qu’un jour, on a droit au titre toute sa vie… »