Le malotru marseillais

Nous sommes à Marseille en plein mois d’août. Le bus est bondé, plein de touristes et de locaux.
Là, coincée parmi les autres passagers, une pin-up anglaise maquillée à outrance et habillée raz-la touffe attire l’attention d’un type du pays.

La moiteur de l’été aidant, le marseillais ne peut s’empêcher de masser le postérieur de la touriste d’outre-manche.

Tout d’un coup, celle-ci se retourne et flanque un soufflet magistral au tripoteur :
– Malotru ! (à prononcer avé l’accent anglais)

Et notre marseillais tout penaud :
– Ah pardon ! Je savais pas…

Les souris marseillaises

Ce sont 3 petites souris marseillaises assises autour d’une table au fond d’un grenier qui discutent le bout de gras. Et la modestie n’est pas leur vertu cardinale.

La première affirme avec insolence :
– Vous savez les tapettes dans lesquelles on nous attire avec un morceau de gruyère ? Eh bien moi j’ai réussi à en soulever les mâchoires et à prendre le fromage !
La deuxième, pour ne pas être en reste, enchaîne :
– Vous voyez les grains de blé empoisonnés qui traînent ça-et-là ? Eh bien moi je les grignote comme des biscuits à l’apéritif !

La troisième décide de s’en aller. Les autres souris :
– Ou vas-tu ? lui demandent-elles inquiètes.
– Je rentre. C’est l’heure d’enculer le chat.

La demi demi-mondaine

Un monsieur est témoin d’un accident à Marseille. Il a déjà raconté plusieurs fois ce qu’il a vu et réunit les journalistes :
– Prenez note une fois pour toutes : C’est une demi-mondaine aux trois quarts ivre par tous les demis qu’elle a pris en compagnie d’un tiers, qui vient de se faire couper en deux par un car.

Les Marseillais à New York

C’est Dédé (prononcer Deideu) et Tony de l’Estaque, ils ont gagné un voyage en paquebot jusqu’à New York.

À la fin de la traversée le brouillard se lève sur Manhattan et ils voient la statue de Liberté.  Dédé s’exclame :
– Oh putain Tony, c’est la femme à qui, elle, elle est bien grande !

Tony répond :
– Putain, je sais pas moi, t’as qu’à demander !

Dédé va voir un ricain sur le pont et lui demande :
– Oh monsieur s’te plaît, ooohh, de qui c’est la femme, elle ?

L’homme interloqué répond :
– What ?

Et Dédé s’en va, satisfait, dire à Tony :
– C’est la femme à Ouatt, putain, comme y doit être grand, ce mec !

Sur la terre ferme, les deux collègues vont à l’hôtel puis sortent pour aller au bistrot. Ils passent devant un Mac Do géant avec une enseigne monstrueuse en néon représentant un hamburger. Dédé s’arrête :
– Oh putain Tony, c’est le sandwich à qui, ça, il est bien grand !

Tony répond :
– Putain, je sais pas moi, t’as qu’à demander !

Dédé avise un mec et lui demande :
– Oh monsieur, s’te plaît, oooh, de qui c’est le sandwich, là ?

L’homme sur la défensive répond :
– What ?

Et Dédé revient vers Tony et lui dit :
– Putain, j’aurais dû le savoir, eh, c’est le sandwich à Ouatt. Putain y doit vraiment être monstrueux ce mec !

A leur retour du bar ils passent devant l’échoppe d’un cordonnier qui a tout investit dans son enseigne, une monstre-grosse chaussure en néon.  Dédé lève les yeux et s’écrie :
– Oh putain Tony, c’est le nébu à qui, ça, il est bien grand !

Tony répond :
– Putain, je sais pas moi, t’as qu’à demander !

Un mec est encore dans la rue à cette heure tardive et se fait aborder par Dédé qui lui demande :
– Oh monsieur, s’te plaît, oooh, de qui c’est la chaussure, là ?

Réponse de l’homme inquiet :
– What ?

Dédé se tape sur le front en expliquant à Tony :
– Putain, c’est sûr, enculé de moi, c’est la chaussure à Ouatt. Y chausse du mille ce mec !

Les estaquiens rentrent ensuite sans autre événement à leur hôtel et passent une bonne nuit. Le lendemain matin ils sortent se balader et en passant un coin de rue, ils tombent sur une procession énorme derrière un corbillard, plusieurs milliers de personnes au moins. Dédé s’affole :
– Oh putain Tony, qui c’est qui le mort là, putain y a bien du monde !

Tony répond :
– Putain, je sais pas moi, t’as qu’à demander !

Dédé avise quelqu’un dans la foule et lui demande :
– Oh monsieur, s’te plaît, oooh, qui c’est qui est mort là ?

Réponse affolée :
– What ?

Et là, Dédé, il explose :
– Putain tu me prends pour qui, pédé que tu es, même pas une couille de Ouatt elle pourrait rentrer là-dedans !

Tout est gigantesque à New-York, même les habitants
Dédé et Tony à New York