21 octobre 2018 – On peut rire de tout… à condition que ce soit drôle

Non à la loi contre la glottophobie… C’est Michel Leeb qu’on assassine !

dessin d'actualité humoristique sur le projet de loi contre la glottophobie et Michel Leeb
21 octobre 2018 – On peut rire de tout… à condition que ce soit drôle

Une député LREM veut faire passer une loi empêchant de se moquer des gens à cause de leur accent. Les œuvres de Pagnol tomberaient donc sous le coup de la loi ?
(caricature de Michel Leeb)

Une député (oui, sans e à la fin, t’écris liberté avec un e à la fin, toi ?), je disais donc, une député LREM a décidé de présenter un projet de loi contre la glottophobie – c’est-à-dire le fait de se moquer de l’accent des gens, à la suite d’une moquerie de Mélenchon à l’encontre d’une journaliste perçue comme humiliante. Décidément, on va bientôt créer des jurisprudences Mélenchon au train où vont les choses !

Outre le fait que ça commence à devenir vraiment très très lourd cette manie de faire des lois pour tout et n’importe quoi (si Mélenchon dit qu’il n’aime pas le cassoulet, on va faire une loi contre la gastronomophobie ?), c’est INSUPPORTABLE tous ces chevaliers blancs (attention, colorophobie !) autoproclamés qui s’arrogent le droit de penser mieux que les autres – voire, à leur place, et justifient la mise en place d’un régime de censure digne des régimes totalitaires qu’ils dénoncent par ailleurs parce qu’ils s’estiment être de vrais libéraux.

On peut rire du racisme, du sexisme, de l’homophobie, de tout… à condition que ce soit drôle. Oui mais, on répondra que tout le monde n’a pas le même sens de l’humour. Sauf que personne ne t’oblige à rire. Personne ne t’oblige à aller à un spectacle de Dieudonné ou à lire Tintin au Congo. En revanche, personne n’a à te l’interdire. Tintin au Congo n’est pas Bagatelles pour un massacre – qui est autorisé à la vente. Ça s’appelle la liberté d’expression : tu tombes sous le coup de la loi lorsque tu appelles au meurtre mais l’incitation à la haine, faut la prouver. Comment peux-tu démontrer qu’une blague incite au meurtre ou à la haine ? (Et puis, ça veut dire quoi la haine ? Dès que t’élèves le ton, c’est de la haine ? On doit vivre dans un monde aseptisé ?) Je suis responsable de ce que je dis, ou dessine, ou montre, pas de ce que tu comprends. On est tous Charlie au moment des attentats mais après, au nom du bien – de sa perception du bien – on veut censurer. Pourquoi ? Parce que les gens ne sont pas capables de comprendre le second degré ? Parce qu’ils ne sont pas assez éduqués pour percevoir la teneur d’un message ? Pas capables de distinguer un message raciste d’une blague – qui peut-être de mauvais goût, certes, mais personne n’est l’arbitre du bon goût.

Dans ce cas, on mise sur l’éducation, on met en garde, on informe, on parie sur l’intelligence des gens (et sur leur honnêteté, leur sens moral – des concepts, certes incompréhensibles pour des censeurs), on met le paquet sur l’éducation, on apprend aux personnes à décoder les messages et à repérer par elle-même ce qui peut être une tentative de manipulation.

Parce qu’on sait très bien que les grandes causes peuvent être instrumentalisées par des groupes ou des individus pour faire la promotion de LEURS idées ou de LEURS personnes. Vous pensez que le code Hays a moralisé Hollywood ? Ce qu’on ne montrait pas sur l’écran, on le faisait dans la vie. Vous croyez que l’amendement sur la prohibition a empêché les Américains de s’arsouiller ? La prohibition a transformé une partie de la population en délinquants et permis au crime organisé de s’enrichir. Lorsque le Comic Code interdisait de montrer les minorités sous un jour défavorable dans les comics, la ségrégation était encore en vigueur dans les États du sud. La loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse devait protéger la jeunesse de France contre la propagande et la perversion possiblement véhiculée par la bande dessinée. On était mineur jusqu’à 21 ans. Mes oncles étaient donc trop jeunes pour apprécier le contenu d’une BD mais assez grands pour faire du tourisme en Algérie dans des camions kakis ! Et je ne parle pas des abrutis qui aujourd’hui, en France, réinventent l’apartheid en organisant des réunions réservées aux « racisés » !

Jean Yanne disait : « il est interdit d’interdire ». Personne n’a à s’arroger, par une loi, de dire de quoi on peut rire ou ne pas rire !

Zaïtchick

Melon et Melèche visitent le Sentier

Melon et Melèche découvrent les épices dans un magasin du Sentier.
Melon découvre le safran et Melèche l’anis (avec l’accent).

Le viol de la portugaise

Une portugaise se rend au commissariat porter plainte pour viol :
– bonchour, je fiens me plaindre que che meu chuis fait fioler dans le buche…
– Comment ? Vous vous êtes fait violer dans le bus ?
– Oui, Il y en a un qui a commenche a me carrécher, puis il a abuché de moi, et…
– Et personne ne vous a aidé dans le bus ?
– Non, les ch’autres, ils ont regardé et puis ils chont venus me fioler eux auchi !
– Tout le monde est venu vous violer ?
– Oui, tout le monde…
– Et le chauffeur, il…
– Oui, le chauffeur, il a partichipé auchi…
– Mais, vous n’avez pas crié ?
– Chi, chi, ch’ai crié…
– Et personne n’a rien fait ? Ils ont continué ?
– Oui, che vous chure, che criai : Léchez-moi, léchez-moi…

La poule et le philosophe

C’est une classe du C.P. dans une école primaire en banlieue parisienne. La maîtresse essaie d’intéresser la classe à l’actualité. Elle dit :
– En ce moment, les étudiants de terminale passent l’épreuve de philosophie du baccalauréat. Qui peut me dire ce que c’est un philosophe ? Aziz lève le doigt et dit :
– Moi madame, moi je sais : un philosophe c’est une poule !

Tout le monde rigole dans la classe. La maîtresse intervient :
– Mais non Aziz, ça n’a rien à voir !
– Mais si m’dame, parce que encore hier, mon père il a dit à table : « c’est la poule qui fi lo sophe. »