La maison intelligente ™

28 NOVEMBRE :
Nous avons enfin emménagé dans ma nouvelle maison. Enfin, nous vivons dans la maison la plus intelligente du quartier. Tout est en réseau. La télé par câble est connectée au téléphone, qui est connecté à l’ordinateur, qui est connecté au réseau électrique, à l’électroménager et au système d’alarme. Tout est piloté depuis une télécommande universelle avec l’interface la plus intuitive que j’aie jamais vue. La programmation est un jeu d’enfants. Je me sens totalement branché. 30 NOVEMBRE :
Très cool. J’ai programmé le magnétoscope depuis mon travail, mis en marche le thermostat et allumé les lumières depuis le téléphone de la voiture, ajusté la température du four pour la pizza. Quand j’arrive, tout est prêt, aux petits oignons. Peut-être devrais-je me faire implanter la télécommande directement dans mon corps.
3 DECEMBRE :
Hier, la cuisine a PLANTÉ. Horrible. Au moment où j’ouvrais la porte du frigo, l’ampoule a claqué. Tout de suite après, tout s’est arrêté – les lumières, le micro-ondes, la cafetière – tout.
J’ai soigneusement tout débranché et rebranché. Rien. J’ai appellé la compagnie du câble – mais pas depuis le téléphone de la cuisine.
Ils m’ont renvoyé vers l’installeur, qui m’a affirmé que c’était un problème de logiciel. La compagnie qui s’occupe du logiciel a lancé un télétest via la processeur de la maison. Leur expert affirme que c’est un problem dû à l’installeur. Je m’en fous, je veux ma cuisine !
D’autres coups de téléphone suivent, et d’autres diagnostics. Il s’avère que le problème vient d’une « gestion d’erreur non implémentée », à savoir que le réseau n’a jamais vu une panne d’ampoule du réfrigérateur lorsque la porte de ce réfrigérateur est ouverte.
Le programme de logique floue en a donc déduit qu’il y avait eu une surtension, et a éteint toute la cuisine. Mais comme le process de gestion des capteurs avait confirmé l’absence de pic de tension, le gestionnaire de cuisine a perdu les pédales et n’a pas pu exécuter un redémarrage standard. Le gars de l’installation me jure que c’était la première fois que cela arrivait. Rebooter la cuisine a pris plus d’une heure.
7 DECEMBRE :
Les policiers sont pas contents. La maison n’arrête pas de les appeler à l’aide. On a fini par trouver que quand la télé ou la chaîne HiFi diffusent à plus de 25 décibels, cela crée des micro-vibrations qui sont amplifiées quand elles atteignent la fenêtre. Quand ces vibrations se mélangent avec des courants d’air, les capteurs de l’alarme sont activés, et l’ordinateur de la police conclut à une tentative d’effraction.
Un autre problème est apparu : quand le sous-sol est en mode autotest, la télécommande n’accepte pas de changer de chaîne sur la télé. Cela veut dire qu’il faut que je me lève du canapé pour aller changer de chaîne à la main. Les gars du logiciel me disent que ce sera corrigé dans la version 2.1 de SmartHouse. Mais elle n’est pas encore prête.
12 DECEMBRE :
C’est un cauchemar. Il y a un virus dans la maison. Mon ordinateur l’a découvert alors qu’il attaquait par le réseau public.
Je suis revenu à la maison et le salon était un vrai sauna, les fenêtres de la chambre étaient couvertes de glace, le frigo était en mode « décongélation », la machine à laver avait inondé le sous-sol, la porte du garage n’arrêtait pas de s’ouvrir et de se fermer et la télé était verrouillée sur TéléAchat.
Partout dans la maison les lumières clignotaient comme des stroboscopes avant d’exploser. Il y avait du verre brisé partout. Bien sûr, la centrale d’alarme n’avait rien vu. Il y avait un message clignotant sur l’écran de l’ordinateur :
« BIENVENUE à Tornadomestique !!! C’EST MAINTENANT QU’ON VA RIRE… »
(En toute modestie, il n’y a pas de virus qui vaille Tornadomestique…)
18 DECEMBRE :
Ils pensent avoir terminé la désinfection digitale de la maison, mais elle est dans un état épouvantable. Les tuyaux ont éclaté et nous ne sommes pas sûrs qu’ils aient eu la partie du virus qui attaque les toilettes. Toutefois, les Exorcistes (comme aiment à se surnommer les membres du Commando d’Intervention Rapide de l’installeur) sont sûrs que le pire est passé.
« Tornadomestique est plutôt méchant », me dit un des membres du commando, « mais vous avez eu de la chance de ne pas être attaqué par Poltergeist. Celui là est VRAIMENT méchant ».
19 DECEMBRE :
Apparemment, notre maison n’est pas assurée contre les virus.
« Le feu et les glissements de terrain, oui », me dit l’expert de l’assurance, « mais pas les virus ». Mon contrat avec les gens de SmartHouse stipule clairement que les garanties sont nulles et non avenues si un appareil ou un ordinateur de la maison est connecté, de quelque manière que ce soit, sur un réseau non homologué.
Tout le monde est vraiment, vraiment, désolé, mais ils ne peuvent pas prévoir tout virus présent ou à venir. Nous appelons notre avocat. Il rit, il est très excité.
21 DECEMBRE :
Je reçois un appel d’un vendeur de SmartHouse. Il nous propose gratuitement, c’est une offre promotionnelle de Noël, d’être bêta-testeurs de la mise à jour 2.1 de SmartHouse. Il dit que je pourrai rencontrer les programmeurs en personne. « J’en serai ravi », lui réponds-je…
Extrait du magazine CITYFOOD de Vancouver, numéro de décembre 1996

La genèse d’un programme pour une entreprise

La genèse :
Au commencement était l’Appel d’Offres et l’Appel d’Offres était sans forme ni structure et l’obscurité s’étendait sur la face du Client, et la face du Client se détournait de la Compagnie.

Aussi la Compagnie dit :
« Qu’il y ait une proposition »
Et alors il y eut une proposition, et le Client vit que cela était bon, et la face du Client se tourna à nouveau vers les Travaux de la Compagnie.
Alors la Compagnie rassembla toutes les espèces de créatures, et de ce rassemblement naquit l’Équipe Projet et l’on dit que cela était bon. De l’Équipe Projet naquirent les Ingénieurs et les Programmeurs et plusieurs autres formes de vie. Et l’un fut choisi dans cette multitude, qui fut élevé au dessus de tous les autres et qui fut appelé « Chef de Projet ». Et il eut a conduire l’Équipe Projet par le chemin de la productivité pour le bien de la Compagnie.
Et il advint que la pensée du Chef de Projet fut troublée par l’Appel d’offres et il crut alors que toutes choses étaient possibles, bien qu’il n’existât point, alors, de spécifications.
Donc le Chef de Projet ordonna que tous les Programmeurs soient rassemblés en un même lieu et il parla a leur chef, qui fut appelé « Chef Programmeur » : « Qu’il y ait un Planning, par lequel je connaîtrai la Date de Livraison, et je te ferai responsable pour l’accomplissement de ce planning ». Alors le Chef Programmeur vit au devant de ses collaborateurs et leur demanda : « Comment ceci se fera-t-il ? ».
Et ses adjoints se séparèrent, chacun a sa table, et ils estimèrent, comme était leur coutume. Et il advint que chaque Programmeur apporta une estimation et après beaucoup de soupirs et de grincements de dents, toutes les estimations furent harmonisées et résumées en un monument qui fut appelé Plan de Réalisation. Et le Chef Programmeur amena le Chef de Projet au Plan de Réalisation, disant : « Regardez l’accomplissement prendra de nombreux mois ». Mais le Chef de Projet ne fut pas satisfait et dit : « Je t’avais élevé des profondeurs et donné tant de feuilles de codage et malgré cela tu n’as pas compris l’Appel d’Offres ; ton Plan de réalisation est trop long ».
Alors le Chef de Projet paya des consultants, autorisa beaucoup d’heures supplémentaires et supprima toutes les vacances.
Puis il parla au Chef Programmeur : « Regarde, vois tout ce que j’ai fait ; la date de Livraison sera dans une année ».
Et le Chef Programmeur mit ses collaborateurs à analyser et à coder et il y eut de nombreuses réunions et beaucoup d’heures d’ordinateur furent utilisées à ce travail, bien qu’il n’y eut encore aucune Spécification.
Et il advint que le Chef de Projet examina les analyses et vit que cela était trop ambitieux et il sut qu’ils ne pourraient l’accomplir pour la Date de Livraison. Alors le Chef de Projet ordonna au Chef Programmeur de séparer l’étude en deux parts. II appela l’une « Fonctions Indispensables » et il appela l’autre « Options » – et le Client dut accepter.
Et le Chef de Projet ordonna : « Que les Sociétés de Logiciel envoient leurs Représentants et qu’il y ait un Système de Gestion de Bases de Données » et il en fut ainsi.
Les représentants présentèrent toutes sortes de brochures qui annonçaient des choses nombreuses et merveilleuses – chacun en accord avec sa propre organisation de fichier. Et il advint qu’un Système de Gestion de Bases de Données fut choisi et le Chef Programmeur dit que cela était bon et que plus de programmeurs étaient nécessaires si tout devait être accompli pour la Date de Livraison.
Donc l’Équipe de Projet fut augmentée presque sans limites. Le Chef de Projet, surveillant cela de loin, dit : « Qu’il y ait une Organisation » et il y eut une Organisation.
Et l’Équipe de Projet fut divisée en nombreux groupes qui ne se parlaient pas l’un à l’autre et il fût dit que, peut-être, cela était bon. Le Chef Programmeur appela certains « Programmeurs Confirmés » et il appela les autres « Programmeurs débutants » et il donna pouvoir aux premiers sur les seconds.
Et les Programmeurs Confirmés virent que cela était bon tandis que les Programmeurs Débutants virent cela autrement.
Et le Chef Programmeur exhortait ses collaborateurs à des efforts encore plus grands car la Date de Livraison était proche et le souffle du Chef de Projet pesait sur sa nuque.
Les Programmeurs Confirmés et les Programmeurs Débutants s’effrayèrent à la fois. Ils luttèrent de toutes leurs forces pour satisfaire le Chef Programmeur avec beaucoup d’heures supplémentaires et de nombreux commentaires, et chacun coda et dessina des organigrammes, chacun à sa propre mode. Le Chef de Projet, voyant cela, ne l’aima pas et ordonna « Qu’il y ait des Standards » et il y eut des Standards mais les Programmeurs ne les aimèrent pas et la productivité chuta. Quand il apprit ceci le Chef Programmeur prit peur d’être rejeté de sa haute fonction et ainsi il ordonnât : « Qu’il ait des États d’Avancement » et il y eut des États d’Avancement.
Le Chef Programmeur regarda les États d’Avancement et il vit que la Date de Livraison ne serait pas tenue. Aussi, au dixième mois, le Chef Programmeur se dressa, brossa son costume, rasa sa barbe et vint devant le Chef de Projet, se prosternant, et accusant, et appelant la malédiction sur toutes les espèces de créatures qui vendaient du matériel et du logiciel. Et le Chef Programmeur demanda une prolongation.
Ce qui provoqua la colère du Chef Projet et amena des doutes sur la légitimité des ancêtres du Chef Programmeur, jusqu’à la troisième et la quatrième génération incluses, et l’on battit sa coulpe et il y eut beaucoup de cheveux arrachés – principalement du Chef Programmeur. Et le Chef de Projet ordonna au Chef Programmeur de mettre en oeuvre tout le personnel des Sociétés de Service et tous les consultants. Mais le Chef Programmeur refusa de dire que tous étaient nécessaires car il n’y avait, pas encore, de spécifications.
Et il advint qu’une prolongation fut obtenue et le Chef programmeur revint vers ses collaborateurs apportant ces nouvelles et la joie et l’entrain revinrent parmi les terminaux et la machine à café s’épuisa.
Au vingtième mois, le Chef Programmeur dit : « Que les modules soient intégrés, chacun avec les autres, afin que les Test Système puissent commencer ». Et il en fût fait ainsi et de grandes difficultés apparurent et de nombreuses heures supplémentaires furent dépensées à chercher pourquoi les modules ne voulaient pas s’intégrer, car il n’y avait pas de documentation et, pas encore, de spécifications.
Puis, au vingt-quatrième mois, le Chef Programmeur alla vers le Chef de Projet et lui dit « Regardez, j’apporte de grands espoirs de grandes joies pour nous et pour le Client, car en ce jour le Système a fonctionné ». Et soudain, il y eut autour d’eux une foule, une multitude de commerçants acclamant le Chef Programmeur et chantant : « Gloire à la Compagnie , au Chef de Projet et au Chef programmeur et s’il vous plaît pouvez-vous faire cette petite modification ? ».
Et le Chef Programmeur se dressa et leur parla en ces termes : « Nous ne nous y risquerons pas car il n’y a pas de documentation et, pas encore, de spécifications »
D’après un texte anglais paru dans « SDL NEWSLETTER » n°2.

La symphonie inachevée

Un président de société reçoit en cadeau un billet d’entrée pour une représentation de la Symphonie Inachevée de Schubert. Ne pouvant s’y rendre, il passe l’invitation au responsable des Ressources Humaines de sa société. Le lendemain, le président se voit remettre le rapport suivant : 1 ) Les quatre joueurs de hautbois demeurent inactifs pendant des périodes considérables. Il convient donc de réduire leur nombre et de répartir leur travail sur l’ensemble de la symphonie, de manière à réduire les pointes d’inactivité.
2 ) Les douze violons jouent tous des notes identiques. Cette duplication excessive semblant inutile, il serait bon de réduire de manière drastique l’effectif de cette section de l’orchestre. Si l’on doit produire un son de volume élevé, il serait possible de l’obtenir par le biais d’un amplificateur électronique.
3 ) L’orchestre consacre un effort considérable à la production de triples croches. Il semble que cela constitue un raffinement excessif, et il est recommandé d’arrondir toutes les notes à la double croche la plus proche. En procédant de la sorte, il devrait être possible d’utiliser des stagiaires et des opérateurs peu qualifiés.
4 ) La répétition par les cors du passage déjà exécuté par les cordes ne présente aucune nécessité. Si tous les passages redondants de ce type étaient éliminés, il serait possible de réduire la durée du concert de deux heures à vingt minutes.
Nous pouvons conclure, Monsieur le Président, que si Schubert avait prêté attention à ces remarques, il aurait été en mesure d’achever sa symphonie.

Le rôle du cadre dans l’entreprise

Le cadre dans l’entreprise n’a pratiquement rien à faire, si ce n’est :
– de décider de ce qu’il faut faire,
– de désigner quelqu’un pour le faire,
– d’écouter les raisons pour lesquelles la chose doit être faite plus tard, ou autrement ou par quelqu’un d’autre,
– de maintenir sa décision, – de suivre la question pour s’assurer que la chose a été faite,
– de découvrir qu’elle ne l’a pas été,
– d’écouter les excuses de celui qui aurait dû la faire,
– de suivre de nouveau la question pour s’assurer que cette fois, la chose a bien été faite,
– de s’apercevoir qu’elle a été faite de travers,
– de déterminer exactement comment elle aurait dû être faite,
– de conclure que maintenant qu’elle a été faite, c’est toujours mieux que rien et qu’il vaut mieux laisser les choses en l’état,
– de se demander si on ne pourrait pas se débarrasser de ce type qui fait toujours tout de travers,
– de se dire qu’il doit avoir une femme et de nombreux enfants, qu’au fond son successeur serait probablement aussi mauvais que lui et peut-être pire, et qu’en tout cas, il faudrait le payer plus cher,
– de s’asseoir tristement et de se dire qu’on aurait pu faire la chose soi-même en vingt minutes, alors qu’on a perdu deux jours à comprendre pourquoi il a fallu trois semaines à quelqu’un d’autre pour la faire de travers.

Le temps est relatif

Le temps est relatif. C’est pas moi qui l’a dit c’est Albert.
Pourquoi Einstein n’a t il pas été plus loin dans sa théorie?
En effet le temps est relatif. Par exemple, vous êtes dans votre V8, vous avez réservé dans un restau . pour lever une belle à grands frais. Vous arrivez au bas de l’immeuble. À la sonnette, la belle vous dit :
« J’ai l’air d’un boudin, attends-moi 5 minutes je vais me repoudrer le nez »
Une heure après, vous avez encore le cul dans le skaï, à poireauter avec toute l’indulgence qui vous caractérise :
« Mais qu’est ce qu’est fout cette conne ? » A ce moment-là, l’objet de vos investissements ( 400 balles de restau ) apparaît avec un sourire d’ange.
« J’ai pas été trop longue? »
« Non non… » répondrez-vous avec mansuétude, « On ira au restau demain ».
Le lendemain, donc après vous être excusé auprès du 3 étoiles, renouvelé l’abonnement pour un repas en tête à tête avec l’objet de votre libido (ne pas confondre avec bide au lit ), vous voilà de retour dans votre Cadillac, posté en bas de l’étage de la belle avec une heure d’avance. Un petit coup d’interphone, pour vous entendre dire :
« J’arrive, j’en ai pour 5 minutes mon gros Doudou. »
Armé de l’expérience de la veille, vous pensez en vous même : « 5 minute = 1 heure ».
Donc direction le bureau de tabacs, pour un demi et un paquet de Gauloises.
Généralement, mais c’est pas toujours, c’est à ce moment là qu’il se met à pleuvoir, mais à pleuvoir. Vous faites donc le trajet plié en deux dans votre costard du dimanche et de location, avec le bouquet destiné à la belle en guise de parapluie.
Un paquet de gauloise, un demi et 2 flippers plus tard vous voilà de retour.
C’est là que viens s’ajouter l’axiome de Murphy qui dit que « Quand tout baigne, y en a forcément un qui coule ».
Car là, elle a exactement mis 5 minutes et pas un dixième de trop pour se remaquiller, se faire 2 mises en plis, vider la litière du chat, enfiler des bas résilles, un léger glaire pour donner du brillant au talons aiguilles et la voilà.
Elle est là, vous arrivez dégoulinant de honte, parce que la voiture étant fermée, la demoiselle s’est transformé en gremlins dégoulinant de pluie, accoudé à votre bolide avec un rictus évident de plutôt « mauvais poil »’.
Vous ouvrez la voiture, elle s’y engouffre. Vous pensez : « C’est la dernière fois qu’elle mouille les sièges de mon palace à roulettes ». Vous susurrez un « Désolé » sans conviction.
Et vous voilà partis pour le restau, avec une heure d’avance.
Vous y arrivez aussi avec une heure d’avance. Ils ne servent pas encore.
Donc vous vous trouvez en gueule à gueule avec une Juliette spongieuse, séparés par une plantation de cacahuètes apéritives et un Kir sans saveur.
Que dire dans ces moments-là ? Vous qui comptiez lui parler d’amour, aviez appris par coeur comment Casanova assurait les 3-8, les poèmes de Verlaine pour faire rougir les roses, et les traits tirés de Don Juan. Vous envisagiez le méga slow après la bouffe, ponctué d’une baise sur le piano à queue comme dans Pretty Woman, et vous voilà devant un mannequin sapé façon pute, à vous demander :
« Le fait qu’elle soit venu quand même semble démontrer que ses services me sont acquis, mais vu la gueule qu’elle fait pour 2 petites gouttes de pluie, elle doit pas rigoler en sortant de la douche ». et « Elle bronche pas d’un mot, la pipe va pas être facile à négocier ».
C’est là qu’apparaît le côté relatif des choses.
En effet vous lui dites tout de go : « On va s’en tirer une petite en attendant la bouffe ? » et vous vous en prenez une, qu’un observateur placé dans un référentiel extérieur au système aura du mal à évaluer la vitesse, ou vous vous faites chier à ramer pour corriger le tir, pour qu’à la fin de la soirée vous vous quittiez comme les meilleurs amis du monde, (chacun sa route ) en espérant qu’il n’est pas trop tard pour le porno sur Canal +.
Toutes les lois de la physique sont identiques dans tous les repères inertiels, et le principe de l’invariance de la vitesse de la lumière, selon lequel la vitesse de la lumière dans le vide est une constante universelle.